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Codes-barres 2D en épicerie : ce qui change d’ici 2027 (et comment se préparer)
Pourquoi l’épicerie reparle soudain des codes-barres
Dans le commerce de détail alimentaire, le code-barres « classique » (linéaire, 1D) sert surtout à identifier un produit à la caisse via son GTIN. Mais il transporte peu d’informations : l’identifiant, et rien de plus. GS1 Canada+1
L’objectif désormais discuté dans l’industrie est d’être capable, d’ici la fin de 2027, d’accepter aussi des codes-barres 2D à la caisse (souvent appelé « Sunrise 2027 » ou « Ambition 2027 » selon les organisations GS1). Il s’agit d’un objectif industriel, pas d’une obligation légale universelle : la vitesse d’adoption dépendra des pays, des détaillants et de leurs systèmes. GS1 US+2GS1 Canada+2
C’est quoi, un code-barres 2D « alimenté par GS1 »
Un code 2D (par exemple DataMatrix ou code QR) peut contenir davantage de données qu’un code 1D. Dans l’approche « alimentée par GS1 », le code peut embarquer le GTIN et, selon les cas, des informations utiles à l’exploitation : numéro de lot, date « meilleur avant », numéro de série, et même un lien web via GS1 Digital Link. GS1 Canada+2GS1 US+2
Les formats cités pour l’usage à la caisse
GS1 Canada indique, dans sa FAQ « Retail 2D Transition », que les codes 2D approuvés pour le point de vente incluent notamment GS1 DataMatrix et le code QR avec une syntaxe GS1 Digital Link (ainsi qu’une variante Data Matrix avec Digital Link). GS1 Canada
Un seul code… pour la caisse et pour le téléphone
L’un des changements clés est l’idée d’un « code unique » : le client peut scanner avec son téléphone pour obtenir de l’information, tandis que les équipes magasin peuvent scanner le même code en entrepôt ou à la caisse pour les processus internes. GS1 US+1
Ce que ça peut débloquer concrètement en magasin
Les promesses sont connues, mais elles ne deviennent réelles que si les systèmes savent lire et exploiter les données.
1) Gestion des dates et réduction de pertes
Si des dates (meilleur avant / expiration) sont encodées et correctement interprétées, un détaillant peut mieux piloter la rotation, les rabais de fin de vie ou les retraits. GS1 met aussi en avant l’intérêt opérationnel d’une meilleure visibilité sur ces dates. GS1 Canada+2GS1 US+2
2) Rappels et retraits plus ciblés
Quand un lot est identifiable de manière fiable, les retraits peuvent être plus précis. GS1 US cite l’amélioration de la « recall readiness » (préparation aux rappels) comme un bénéfice attendu, et GS1 Digital Link est présenté comme un moyen de signaler des produits rappelés ou expirés dans les opérations. GS1 US+2GS1 US+2
3) Traçabilité et exigences de certains marchés
Pour les entreprises qui expédient vers les États-Unis, l’environnement réglementaire de traçabilité (FSMA 204) met l’accent sur la conservation et le chaînage d’informations (événements de suivi, données clés, codes de lot de traçabilité). Les codes 2D ne remplacent pas à eux seuls des dossiers de traçabilité, mais ils peuvent contribuer à capturer et relier des identifiants plus finement. U.S. Food and Drug Administration+1
4) Lecture plus robuste dans certaines conditions
GS1 Canada souligne que les codes 2D peuvent être lus dans n’importe quel sens et tolèrent mieux certains défauts grâce à des mécanismes de correction d’erreur, ce qui peut réduire des irritants en caisse… à condition que le matériel soit adapté. GS1 Canada+1
Ce que la transition exige vraiment (au-delà du code sur l’emballage)
Côté détaillants : scanners, caisse, et « capacité à traiter »
L’enjeu n’est pas seulement de « lire » un code 2D, mais de le traiter correctement dans les systèmes de point de vente. GS1 US parle d’un besoin d’équiper les POS de scanners capables de lire codes 1D et 2D, et GS1 Canada insiste sur la variabilité selon la maturité des systèmes. GS1 US+2GS1 Canada+2
Sur le matériel, GS1 Canada rappelle que les codes 2D demandent des lecteurs optiques de type image/caméra (les lecteurs laser peuvent nécessiter une mise à niveau). GS1 Canada
Côté marques et fournisseurs : choix du contenu et qualité d’impression
Même avec le bon format, la valeur dépend de la donnée encodée et de sa qualité. GS1 Canada précise aussi que le choix du type de code et des données encodées appartient au propriétaire de marque, ce qui implique une coordination pragmatique avec les détaillants (tests, scénarios caisse, processus de déploiement). GS1 Canada
Autre point opérationnel : si l’on veut encoder des données variables (lot, date), l’impression doit souvent se faire en ligne de production. GS1 Canada
Une période de coexistence à anticiper
La transition ne signifie pas la disparition immédiate des codes 1D. GS1 Canada indique clairement qu’une phase de double marquage et de coexistence est attendue, le temps que la lecture 2D soit largement disponible. GS1 Canada+2GS1 US+2
Limites et enjeux de gouvernance à ne pas sous-estimer
Données fiables, sinon bénéfices théoriques
Un code 2D peut transporter plus d’informations, mais s’il contient une donnée erronée (date, lot, lien), l’erreur se propage plus vite. La préparation doit donc inclure des règles de qualité, des responsabilités claires et des tests bout en bout.
Sécurité et confiance lors des scans
GS1 Canada note qu’un code QR n’est ni intrinsèquement sûr ni intrinsèquement dangereux : c’est le logiciel de lecture et le comportement de l’utilisateur qui comptent, et la confiance passe aussi par des domaines reconnaissables. GS1 Canada
Conformité : le code ne remplace pas l’étiquette réglementaire
Ajouter un code 2D ne permet pas de retirer des informations obligatoires du packaging : les obligations d’étiquetage restent. GS1 Canada
Conclusion
La transition vers les codes-barres 2D en épicerie, visée pour la fin de 2027, est un chantier à la fois technique et organisationnel. Les gains potentiels (dates, rappels, traçabilité, expérience client) sont réels sur le papier, mais ils dépendent surtout de la capacité des systèmes à lire, interpréter et gouverner correctement les données.
Pour les détaillants alimentaires, le bon réflexe est de traiter 2027 comme un jalon de préparation : audit des scanners et des POS, tests, alignement avec les fournisseurs, et gouvernance des données. C’est ce socle qui déterminera si le code 2D devient un simple « nouveau symbole »… ou une amélioration concrète des opérations.
